samedi 15 août 2009

LA MONGOLIE : UN SOUVENIR FORT


Nous organisons notre périple en trois temps ayant bien compris qu’en Mongolie les distances sont énormes, les routes rares et le confort des solutions de repli touristiques quasi inexistant. Il faudra compter sur l’entraide et la débrouillardise mongole.



Première étape : sur la route du lac Khövsgöl

Mercredi 8 juillet, il est 17h. Nous sommes à la station de bus Dragon Center d’UB. Après avoir éconduit deux tentatives de vol (6 au total en un mois) dont une sur un des gros sacs de 20kg, nous montons dans notre bus. Des coudes dans nos côtes, un bidon de lait entre les jambes, nous sommes 6 sur la banquette arrière. Nous devrions être trois. Nous sommes 60 dans ce bus. Nous devrions être 30.Tout le monde est paré. En voiture SIMONE !!! 10 mètres, nous faisons 10 mètres. Juste le temps de rejoindre la quatre voies avant que notre chauffeur tombe inerte sur son volant. Cris, pleurs, hurlements…le chauffeur a juste eu le temps de garer le bus en épis sur le bas côté pour éviter l’accident avant de s’écrouler. A la dernière minute, un lutteur de 3 quintaux force pour monter dans le bus. Le chauffeur lui ordonne de descendre. . Notre lutteur, impassible, contourne le bus jusqu’à la cabine du chauffeur, grimpe sur le marche pied et lui assène un grand coup de poing derrière la nuque. Il aurait pu assommer un bœuf. Il n’en faut pas plus à notre chauffeur qui s’écroule littéralement. Nous partons avec 3 heures de retard avec le même chauffeur. Enseignements : le mongol est sanguin, le mongol est endurant. Les 20 h paraissent bien entendu une éternité. Roule, saute, roule saute sur les pistes. Mais comment font-ils pour dormir ?? La tête contre la poitrine, avachis les uns sur les autres.



Nous arrivons en fin d’après midi au lac et établissons le campement dans une guesthouse de la ville Khatgal aux allures de Far West. Les cavaliers y déboulent au galop, s’arrêtent dans une des échoppes acheter leur bouteille de vodka. On discute à cheval, on va faire ses courses à cheval. Ici c’est le cheval et quelques rares vieilles motos russes.





Au village, tout le monde se prépare pour la fête locale. En juillet, c’est le Naadam, littéralement « jeux virils» en mongol, et jour de fête nationale. C est l’occasion d’admirer l’adresse d’archers venus de toute la région pour se mesurer devant des arbitres, de lutteurs en caracos et chapeau pointu et de courses de chevaux, où des cavaliers hauts comme trois pommes lancent les chevaux à toute allure, sans selle, sans équipement, juste une cravache et le cri du « Tcccheuuu, tcheuuuuuuu » pour accélérer et tenir les premières places.




Les jours suivants, nous profitons du Lac Khövsgöl : la perle bleue de Mongolie. C’est une des destinations estivale des mongols. Même si il pleut souvent, la région est belle. L’hiver, la température descend à -45°C, l’été il fait 10°C. Autant dire que pour eux c’est la canicule. Les rives sont idéales pour les randonnées. Sur la route, des vacanciers mongols nous invitent à partager leur repas. Le tout est sommaire, un feu de bois, une grande marmite avec du mouton frit à l’huile. Un des hommes nous tend systématiquement les morceaux de gras. Il parait que ca donne de la force. Hauts le cœur…On nous avait parlé des traditions d’accueil et d’hospitalité mongoles….impossible de refuser.



Deuxième étape de notre périple et non la moindre : rejoindre l’Arkhangaï


Rejoindre la ville de Tsetserleg n’est pas commode. Nous devons nous débrouiller. Il faut normalement une Jeep Russe car les pistes sont rudes. Nous, nous le ferons dans une petite Hyundai ! Arrivés à la première ville étape à Mörön, on nous garanti que nous pourrons trouver des personnes pour nous y amener. En combien de temps, nous ne savons pas. Certains affirment que 8 heures suffisent, d’autres parlent d’une journée et demi…Au final, deux compères d’une soixantaine d’années, flairant la belle affaire et les souvenirs de jeunesse nous y conduiront. 4h de préparation.



Nous sommes tombés sur de vrais nomades qui ne partent pas sans savoir. Ils rehaussent la Hyundai , enlèvent les passages de roues. Achètent : vodka, saucisson, pain, gâteaux, bonbons. S’équipent : cape de pluie, bombe anti crevaison, couteaux etc.…Nous observons, nous disant que pour faire 475 km, ce doit vraiment être l’aventure. C’est parti, il est 19h. Le temps estimé par nos pilotes est de 15h. Nous traversons les vertes plaines et croisons les troupeaux de chevaux, de chèvres et de moutons. Le soleil se couche. On ne sait pas où on va mais on y va ! 20h : crevaison. Nos deux compères, règlent l’affaire en un tour de main. La voiture poursuit son chemin brinquebalante au milieu des pistes et des ornières. 22h00 nous sommes ensablés, 23h00 il faut descendre de la voiture et pousser, elle toussote au milieu d’un raidillon. 2h00 du matin, nous nous en remettons à nos deux bonnes étoiles et sommes dans les bras de Morphée. Nous sommes brutalement catapultés sur le devant de la voiture qui s’est plantée à pic. Réveil brutal. C’est fini. Impossible de s’en sortir.



On nous fait descendre de la voiture. Examen des dégâts. Il faut pousser la voiture à contresens. Raclement terrible, étincelles, si ça continue tout l’avant de la voiture va y rester. Ca marche ! 4h00 du matin, notre chauffeur nous réveille. Il va dormir quelques heures. 7h00. Réveil, la nature est belle et les lumières matinales somptueuses. Petit déjeuner au milieu de nulle part. Vous reprendrez bien une grosse tranche de saucisson coupée avec mon gros couteau mongol ? 8h00, c’est reparti. Nous arrivons à Tsetserleg à 14h00 sous la pluie. Incroyable, nous n’en revenons pas et remercions nos cows boys mongols. Chapeau ! Juste le temps pour nous de négocier une douche et un repas dans un hôtel restaurant. Nous avons rendez-vous à 17h00 pour notre trek dans l’Arkhangaï.


L’Aimag de l’Arkhangaï est comparé à la Suisse pour ses paysages alpins, ses forêts, ses lacs et ses rivières. Les vallées et les steppes accueillent des familles nomades dont nous découvriront le mode de vie traditionnel. Nous devons ce soir rencontrer notre première famille mongole et repartons pour 2h00 de Jeep. Il faudra pousser à nouveau la voiture coincée dans la boue. Pour des raisons de survie, on nous apprend une phrase « Nohoi hori: » à prononcer « Noroille Horiii ». Nous mémorisons instantanément cette phrase devant les molosses « Tenez vos chiens ! ».



La famille Erdenenbat est une famille d’éleveurs : 70 chevaux, 750 moutons 130 chèvres et 70 vaches disséminés sur la plaine et que les enfants parfaits cavaliers réunissent en un tour de main à cheval en criant et en faisant tournoyer leur lasso. Le couple à 6 enfants. L’épouse a en charge de fabriquer les produits laitiers. Le soir nous discutons à l’aide de nos lexiques devant notre bol de riz au yack dans la Ger de la famille (les mongols préfèrent le mot Ger, yourte étant d’origine russe). La Ger est un véritable univers et nous devons faire attention à ne pas être maladroits. Elle a ses règles et ses coutumes. En entrant, nous ne devons pas marcher sur le seuil de la porte et entrer du pied droit. En tant qu’invités, nous occuperons toujours la partie gauche de la Ger. Deux piliers au centre symbolisent le ciel et la terre. Il ne faut pas les toucher. Un poele est toujours situé au centre. Le feu est considéré comme sacré, il ne faut rien y jeter. Ce sont les principales règles que nous avons mémorisées. Nous sommes invités à dormir dans la yourte des invités. Tapis de Gengis Khan, mini autel, la Ger est accueillante et nous tombons de sommeil. Au matin, nous déjeunons de beignets et de thé salé et goutons au lait de jument fermenté et à la vodka. Nous apprenons à couper le fromage de yack (insipide, aigre, sec) et assistons à la traite des juments. Nos sacs sont empaquetés sur une charrette tirée par un yack. Le fils de la famille nous accompagnera jusqu’à la prochaine famille située à deux jours de marche.




Le premier soir, après avoir essuyé un gros orage de grêle, nous campons près de la rivière. Au menu, pâtes au jus avec yack séché et thé salé. Nous reprenons notre route et croisons nos premiers övö, des empilements de cailloux aux pieds desquels nous trouvons systematiquement des tessons de bouteilles de Vodka. Elles sont données comme offrandes aux esprits. Les övö témoignent des croyances animistes. Ils sont décorés d’écharpes bleues. Nous arrivons dans notre deuxième famille. Ici, étendues sur un vaste plateau en amont de la rivière, une dizaine de Ger forment un village. C’est la famille de Battulga. Elles sont toutes équipées d’une parabole et on peut dans chacune d’entre elle regarder la télévision si on soulève le napperon qui la recouvre. Il faut marcher derrière le yack et notre guide, les chiens s’énervent et sont prêts à charger. Les propriétaires les retiennent. Depuis notre petit déjeuner de ce matin toujours avec des pâtes au yack nous n’avons rien manger. Il est 15h00. Il faudra se contenter de beignets racis, de thé salé et de morceaux de beurre. Dans la Ger, des fusils pour les loups nous explique leur propriétaire. Nous passerons effectivement une mauvaise nuit sous notre tente. Les chiens partiront en bataille à plusieurs reprises.



Ce matin, les deux fils de la famille nous accompagnent à cheval jusqu’à la prochaine famille. 2 jours de marche. 4 chiens nous accompagnent également. Il a beaucoup plu et nous devons traverser plusieurs rivières. Le courant est trop fort pour le faire à pied, nous le faisons donc à cheval. Ce midi, pause au bord de la rivière. Un des jeunes part avec son fil de pêche et revient avec un beau poisson que nous regardons avec envie. Ce ne sera pas pour ce midi. Nous le mangerons ce soir. Ce midi c’est riz avec lait salé.



Nous poursuivons notre découverte par le lac bleu. Les campements de yourtes, les collines, les vallées, les lacs, les prairies, les nomades éleveurs de chevaux ponctuent le parcours. Au final, une expérience riche en émotions. Le décalage entre nos vies d’occidentaux et la vie au plus près de la nature. La randonnée en Mongolie n’est pas du tout difficile et les paysages traversés sont splendides avec une lumière particulière. Par contre, la vie de nomade nest pas de tout repos.


1 commentaire:

  1. bonjour,
    votre blog est super
    J'aimerais savoir si vous avez les coordonnées du guide qui vous a accompagner lors de la rando dans l'arkhangai avec un yak car nous avons le meme projet avec nos enfants.
    Comment avez vous rencontrer ce guide?

    merci de votre aide précieuse
    pourriez-vous me donner quelques infos à mon adresse mail?
    yoann.messi@gmail.com

    RépondreSupprimer