dimanche 5 juillet 2009

TREK TSOMORIRI LAKE ET TSOKHAR LAKE

8 juin. De retour à Leh, nous passons à l’agence auprès de laquelle nous avons organisé notre trek (Eco-adventure). Un trek d’altitude de 8 jours, initialement prévu en 9, qui nous fera passer la barre des 5400 mètres pour partir à la découverte des lacs. Nous avions laissé une annonce « Stef et Nelly cherchent compagnons de voyage… » pour limiter les frais. Nous avons le plaisir d’apprendre que François, Anthony, Alix et Fred, trois français et un belge feront partie de l’expédition. Huit mules porteront : nos sacs, une tente messe pour manger, les réchauds et la nourriture, la vaisselle, les sacs de couchages, trois tentes; elles seront gérées par deux muletiers. Nous serons également accompagnés d’un guide, d’un cuisinier et d’un apprenti (tous deux népalais).Espaces infinis, ivresse des grands cols, averses de neige, fortes gelées nocturnes sous la tente, parties de cartes au coin du réchaud, petit déjeuner au Nutella, un trek exceptionnel ! Nous aurons la chance de découvrir les 2 superbes lacs que sont le Tso Khar et le Tso Moriri parmi les lacs les plus hauts du monde. Nous marchons en moyenne 6-7h par jour hors sentier (de toute façon, il n’y en a pas) avec passage d’au moins un col par jour. Nous plongeons en pleine nature.


J 1/ Leh - Rumtse (4180 m)

Départ de Nelly et Stef. Les autres nous rejoignent demain. Ils doivent obligatoirement avoir 3 jours d’acclimatation à Leh à 3500 m. Nous en profitons pour visiter le monastère d’Hemis, le plus important monastère du Ladakh, avant de suivre la route de Manali pour rejoindre Rumtse, lieu de départ de notre trek. Nous y retrouvons toute notre équipe - cuisinier, muletiers... et mules !- et installons notre premier campement. Il vient de neiger et notre guide n’est pas très optimiste pour la météo de la semaine. A quelques pas du campement, quelques gargottes. Nous nous y réchauffons avec un thé.


J 2/ Arrivée de nos compagnons de voyage pour l’étape Rumtse - Kyamar (4500 m)

La nuit a été bonne. Le plus dur : se laver dans le ruisseau. L’eau est bien entendu froide mais nous savons que pendant ces neuf jours nous n’aurons pas toujours de quoi nous laver. François, Anthony, Alix et Fred arrivent vers 9h. Pour Alix et Fred l’acclimatation est rude, ils arrivent tout droit de Bali. Nausées, maux de tête, ils ont froid et troquent short contre pantalon, polaire et bonnet. Tout est prêt, c'est le départ pour le trek ! Nous remontons la vallée de Kyamar que les Ladakhis appelaient jadis la "route du sel". C'est en effet par cette vallée que le sel du lac Tsokar était acheminé vers Leh et la vallée de l'Indus. Depuis, le sel indien a remplacé le sel tibétain. Les paysages sont doux et harmonieux, nous sommes dans la région du Changtang. Il fait tellement froid que le pique-nique du midi s’écourte. Il faut marcher. Le soir on débriefe, on double les sacs de couchage, on rempli d’eau chaude les gourdes. Elles feront office de bouillottes. Et on rit, parce que l’ambiance est détendue.



J 3/ Kyamar - Kyamar la (5040 m) - Mandalchan la (5150 m) - Tisaling (4900 m)

Aujourd’hui nous passons 3 cols. Nous grimpons longuement et descendons dans les vallées suivantes. Il n’y a pas âme qui vive. Ces vallées ne sont habitées que l’hiver par des nomades et leurs troupeaux de yaks. Aujourd’hui encore, il a fallu faire avec les averses de neige et de grêle pour atteindre notre campement. La journée a été longue. Ce soir, il fait encore très froid et le vent s’est levé. Nous sommes ravis de nous réchauffer autour d’un thé brulant. Pour compenser les caprices de la météo, notre cuisinier fait des merveilles et nous prépare des repas copieux, variés et très bien cuisinés. Cette nuit, j’allumerai la lampe frontale pour boire et prendrai quelques secondes avant de réaliser que je suis dans une tente. Je réveille Stéphane, nous contemplons émerveillés le spectacle de la glace à l’intérieur de notre tente. Tout est gelé. « Toi qui rêvais de dormir dans un hôtel de glace… »



J 4/ Tisaling - Shibuk la (5100 m) - Lac Tsokar (4600 m)

Nous traversons ces vallées désertiques et silencieuses. Entre nous, nous appelons ce trek, le trek du mental, le trek de la purge. Une marche lente liée à l’altitude, concentrée. Ne pas se laisser gagner par la lassitude, l’essoufflement, le froid. Trouver son rythme et pour s’y aider, laisser vagabonder ses pensées. Avec Alix et Fred, nous sommes en queue de notre caravane. 40 pas, on s’arrête, on souffle. On s’encourage puis on repars pour 40 autres pas. Un premier col interminable, le deuxième plus facile et les encouragements de Stef, François et Anthony, les bouquetins du trek, pour terminer sur la récompense : en haut du col, nous apercevons un bout du lac Tsokar entouré de nombreux sommets : nous y sommes. Nous descendons la vallée qui nous conduit au lac et profitons pleinement de ce spectacle grandiose. Je branche l’Ipod, musique à fond et me gave littéralement de tant de beauté à en avoir la gorge serrée. Après cette journée, Alix et Fred déclarent forfait. Le froid, l’acclimatation et le mal des montagnes sont trop rudes. Leur seule possibilité : trouver une jeep au village le plus proche pour les ramener à Leh. Nous ne croiserons plus de village ensuite.


J 5 et 6/ Lac Tsokar (4600 m) - Rajung Karu (4950 m)

Les paysages sont de plus en plus extraordinaires. Nous contournons le lac Tsokar : ses rives sont toutes blanches ; les dépôts de sel qui le bordent donnent au lieu un petit air "lunaire". Aujourd’hui, l’étape est courte. Nous profitons du soleil encore haut et que l’eau du ruisseau ne soit pas encore gelée (comme c’est le cas le matin) pour faire une toilette.

Le lendemain, grand beau, nous repartons par un col en pente douce et changeons une fois de plus de vallée.Nous arrivons vers 14h sur le lieu prévu du campement mais le point d’eau est asséché et les mules ont besoin d’eau. Notre guide nous propose de redescendre en aval jusqu’au prochain point d’eau ou de faire aujourd’hui l’étape de demain en passant un col. Nous discutons et optons pour cette deuxième solution. Nous dormirons entre les deux cols le long de la rivière. La journée a été longue. Ce soir, nous jouons aux cartes, dégustons les boîtes de pâté que nous ont laissé Alix et Fred.



J 7/ Rajung Karu - col de Kayaru (5450 m) - Gyama Jangma (5200 m)

Depart à 6h, au petit matin, passage d’un petit glacier. Photos souvenir aux 3 cols. C’est aujourd’hui que nous "grimpons" sur le plus haut col du trekking !. Je chausse l’Ipod et me laisse emmener par cinq émissions de 2000 an d’Histoire que Jérôme avait téléchargé avant notre départ. Nous continuons plein nord en direction du lac Tso Moriri. Nous arrivons au village de Karzok qui, à 4500 m, est l'un des plus hauts du monde. Habité toute l'année par les Changpas, il ne connait pas vraiment d'été. Son monastère d'une trentaine de moines est dirigé par un jeune Rimpoche réincarné.


J 8/ Retour à Leh

Notre Jeep est arrivée; nous quittons notre équipe locale avec un jour d‘avance au final. Descente de la vallée de l'Indus (environ 150 km) avant de rejoindre Leh pour une douche bien méritée en se disant que la vallée de l’Indus est décidément bien jolie et qu’elle mériterait d’y passer quelques jours.

Au final le Ladakh a été pour nous un formidable voyage alliant culture, rencontres et spiritualité avec en toile de fond, une grande variété de paysages : déserts d’altitude, vallée verdoyante et magnifique de l’Indus et lacs d’altitude.

LE LADAKH EN ROYAL ENFIELD

Apres nos 20h de bus, une fois à Leh, un taxi nous depose devant une guesthouse Ladakhi. L’ensemble est tres bien tenu. Il faudra juste se laver au seau car à Leh, trouver de l’eau chaude n’est pas toujours facile. Meme si les panneaux solaires fleurissent, le probleme reste tout simplement l’eau. Nous sommes dans une region desertique, Leh est à 3500 m d’altitude.



Nous sommes fascines par la diversite des populations qui y deambulent et qui viennent de toute la region : vieilles femmes du Ladakh ridees comme des pommes fletries avec leurs deux longues tresses nouees sur les reins et leur bonnet de laine rouge, femmes portant le chapeau ladakhi en satin matelasse, femmes cobra (coiffes couvertes de turquoise en forme de cobra, symbole de fertilite)...





Nous organisons notre periple. Les trois semaines sur place seront consacrees a la visite de Leh, la decouverte de la vallee et des monasteres, le lac de Pangong a la frontiere chinoise, et un trek en haute altitude.


Pour la visite de la vallee, la conduite des mythiques motos - Royal Enfield - (marque anglaise fabriquee a Madras) nous seduit. Il faut dire que Martin et son ami Ecossais ont attire notre curiosite lors de notre rencontre dans un pub à Manali. Pas de permis specifique, les locations se font sans probleme et la conduite est confortable.


Nous partons pour trois jours decouvrir les vallees verdoyantes et les traditions bouddhistes des monasteres Ladhakis. Tikshe, Alchi, dont les fresques murales sont parmi les plus belles du monde himalayen.



A Tikshe, nous sommes guides par le bruit des conques. Les moines appellent à la priere. Le monastere plante en haut d’une colline accueille encore une centaine de moines. Reunis dans le chokhang, la grande salle d’assemblee des moines, nous assistons discretement à la ceremonie. Les plus jeunes ont une dizaine d’annees et s’ennuient ferme. La ceremonie dure plusieurs heures, normal qu’à cet age on decroche. D’ailleurs les plus anciens ne sont pas plus assidus, il y a regulierement des micro siestes.


Lectures de textes entrecoupees de bruits de symbales. Les plus jeunes soufflent dans les conques, d’autres sonnent le gong ou encore soufflent dans leurs grandes trompettes. Juste avant d’entrer : la roue de la vie. Elle nous interpelle. On nous explique : c’est l’un des fondement de l’enseignement bouddhique.


Tout etre vivant y est pris à jamais, la seule possibilite d’en sortir etant reservee aux Bouddhas. Un cercle au centre illustre les trois defauts majeurs de l’etre humain : la Haine (colere, rancœur, symbolisee par le serpent), le Desir (par le pigeon), et l’ignorance (par le sanglier). Le desir a un cou etroit et un gros ventre, la haine est representee par des personnes que l’on a hais et à qui on ne pardonnent pas. On ressasse. Enfin l’ignorance amenant necessairement à la confusion : on ne sait plus qui on est. Le but de toute une vie est alors de travailler sur ces trois defauts en utilisant la comprehension, la compassion et la sagesse.


Pour la visite de Pagong Lake, nous partons en jeep. Le voyage dure 5h et nous decouvrons differentes vallees d’un paysages mineral aux couleurs etonnantes. Une montagne verte, l’autre ocre, encore une autre rouge.



Nous terminons notre route sur un paysage sublime. A 4600 m d’altitude, à 50 km de la frontiere chinoise, le plus grand lac d’altitude du Ladakh : Pangongh Lake. Son eau turquoise avec le contraste des montagnes rouges, oranges est saisissant. Jamais vu un spectacle pareil. Nous passons la nuit chez l’habitant.

ETAPE 2 : 20H DE BUS NON STOP

ETAPE 2 : Depuis Manali, il nous faudra 20h de bus pour faire les 475 km qui nous separent de Leh (Ladakh). Nous circulons sur une des routes les plus hautes du monde. Les cols se succedent. Vertigineuse, la route passe par les cols du Lachlung La (5 050 m), puis du Tanglang La (5 300 m), le deuxieme col carrossable le plus haut du monde. Durant ce periple, impossible de dormir. La route est reputee pour etre perilleuse et harassante.


Nous confirmons. 20h de lessiveuse associees aux changements d’altitude tout ceci dans un espace confine de mini bus aux odeurs de vestiaires nous laissent une sensation douce de torture. La proximite enerve, le manque d espace, de sommeil, le mal d altitude pour certains.. bref aux polies excuses de debut de voyage, succedent des grognements, des coups de coudes et des regards assassins. Nous terminons ce voyage en meute, les yeux cernes à nous balancer les sacs de la camionnette (qui n’est meme plus un mini bus). Avec du recul, la route est magnifique. Le plus surprenant dans l’histoire : notre chauffeur. Il conduira 20 h d’affilee. Ici pas de binome. Juste un ami assis sur un tabouret à proximite charge de le distraire et de le faire parler. C’est aussi ca l’Inde.

ETAPE 1 : SUR LA ROUTE DU LADAKH

Nous sommes en juin, le temps pour nous de rejoindre le nord de l Inde et plus particulierement le Ladakh. La solution la plus aisee est de prendre l’avion mais nous optons pour la route. Nous ferons le trajet en bus plusieurs jours. Des etapes cependant : la premiere est a Dharamsala et la deuxieme a Manali pour souffler un peu.


Nous sommes curieux de decouvrir Dharamsala. Cette etape 1 est pour nous l’occasion de decouvrir le peuple tibetain. En 1959, au terme d’une longue marche à travers l’Himlalaya, le Dalai Lama y trouve sa terre d’exil. Depuis cette date, Dharamsala est le siege du gouvernement tibetain.


Nous decouvrons une ville paisible accrochee à la montagne. 15000 refugies reorganisent leur vie. Nous avons le sentiment d avoir quitte l Inde. Tout se prete a nous immerger dans le petit Lhassa. Encens, musiques, vetements traditionnels...




Namgyalma temple donne le ton à l’entree de la ville. Construit en memoire des tibetains disparus dans leur lutte pour un Tibet libre, le temple s’ouvre sur les deux axes principaux de la ville. Là, echoppes traditionnelles et touristiques se succedent. Un peu plus haut, en dehors du centre ville, la communaute tibetaine organise activement la vie d’enfants refugies. 38 maisons au total accueillent chacune 40 enfants. Dharamsala n’est qu’une etape dans notre periple pour rejoindre Leh, mais cette etape est loin de nous laisser indifferents.


C’est aussi bien evidement la ville ou reside le Dalai Lama qu’on appelle ici : His Holiness. Aujourd hui, tout le monde est attroupe en masse devant sa residence et un bruit court sur son apparition. Moines, et tibetains patientent en murmurant le Om mani padme um (priere de la compassion) et en brulant leur baton d encens.


Et puis tout a coup, les foules se pressent un peu plus. Alors oui, il est là devant nous. Paisible et souriant, saluant la foule. Cela dure quelques secondes et pourtant quelles secondes ! Deux jours à Dharamsala et nous avons la chance d’entrevoir le Dalai Lama. Ce voyage nous reserve decidemment bien des surprises. Demain nous prenons la route pour Manali en taxi. Manali Leh se fera en mini bus. Le plus dur est à venir.

LES COUPS DE COEUR DU KERALA