jeudi 19 novembre 2009

Les coups de coeur de l'Australie


Australie : la grande traversée

21 octobre. Deux touristes français en polaire et chaussures de marche dans les rues de Sydney au milieu des Australiennes en robe sexy, ça dénote. Nous sommes en décalage. C’est le début du printemps, il fait 20 degrés. Nous sommes sur une des côtes les plus en vogue de l’Australie. C’est branché, c’est sexy, c’est fun comme ils aiment dire. Nous nous rapprochons des modes de vie à l’occidentale : les feux de signalisation, les routes bitumées, les déplacements disciplinés des foules. 4 semaines, c’est court pour un pays grand comme l’Europe alors autant cibler nos envies.


Notre point de départ Sydney, descendre le long de la côte Est jusqu’à Melbourne, et prendre le Ferry « Spirit Of Tasmania » pour visiter la Tasmanie. Niveau budget, impossible de conserver notre mode de vie « Asie ». Ce sera TRES SIMPLE. Une chambre d’hôtel coûte environ 120 dollars, soit 90 euros. Nous louons un van pour 80 dollars par jour, kilométrage illimité. Equipé d’un frigo, d’un évier et d’une plaque de cuisson, il est aussi aménagé pour se transformer en lit. Nous roulerons, mangerons, dormirons à moindre frais pour parcourir au final 4000 kilomètres. Pour les douches, nous les prendrons sur les plages ou en catimini dans les terrains de camping. A Sydney et Melbourne, nous logerons dans des backpackers, l’équivalent des auberges de jeunesse. L’ambiance y est détendue et on se rappelle les joies de l’internat dans des chambres de 12.

Nous restons quelques jours à Sydney le temps de visiter la ville la plus ancienne, la plus grande et la plus cosmopolite d’Australie au milieu de sa célèbre baie. Climat, océan, vie nocturne animée. On allie le chic et le choc. Bars branchés et Pub, quartiers espagnols et chinois, quartier des affaires. Robes de soirées et tenues déguisées. Les australiens semblent avoir une décontraction déconcertante et amusante le tout dans un esprit bon enfant en début de soirée à la sortie du bureau.


Conduite à gauche, et voiture automatique. Il faut bien sortir de Sydney. Quelques loupés de rocades. Nous nous retrouvons à l’aéroport sans vouloir y être. On regarde les cartes…c’est bon nous sommes sur la Princess Highway, route côtière qui nous permettra de rallier Melbourne. Premier stop : les Blues Mountains à Katoomba au nord de Sydney. Nous arrivons dans une purée de pois. Autant dire que les montagnes n’ont rien de bleu. La température a chuté. Il fait 6°C et faute de visibilité, nous passons notre première nuit sur un parking de supermarché. Pas de douche, nous improvisons les pauses pipi derrière le local poubelle. Très classe. Ca commence très fort. Il est loin le rêve de s’arrêter au milieu de paysages superbes en mangeant tranquillement sa salade de thon.

Le lendemain matin, les Blues Mountains sont toujours dans une purée de pois. Nous nous rendons sur le site et déclarons forfait. Direction le sud. Halte dans un supermarché pour remplir notre frigo. La viande est excellente et bon marché, on salive devant les entrecôtes. Stef va pouvoir se faire plaisir au barbecue et ça nous change des riz cantonais. Deuxième stop dans le Royal National Park. Nous partons randonner à la journée et découvrons des plages gigantesques et magnifiques. C’est le lendemain matin que Nelly se découvre une tique au nombril. Comme le précise notre guide de voyage : c’est en Australie qu’on trouve les plus grosses, les plus mortelles...bêtes. Requins, araignées, serpents, méduses et tiques (héhé). Direction donc la pharmacie où le pharmacien confirme et me fait un mal de chien, me donne une fiole contenant la tique me précise qu’en cas de fièvre, vertiges ou nausées il faut consulter un médecin. Le jour d’après c’est au tour de Stef. Loin de toute pharmacie, j’ai donc la lourde tâche et les recommandations d’usage pour retirer à la pince à épiler la tique. Si je laisse la tête….il me tue.

Nous poursuivons notre route vers le sud à travers les vignobles de Cambewarra. Faisons un stop histoire de déguster les vins locaux mais aussi des huîtres, différentes des Françaises mais excellentes et arrêtons notre route dans un autre parc naturel. Petit coup de blues pour Nelly. Les kilomètres, faire et défaire les sacs depuis 7 mois, mettre toujours le même pantalon, prendre une douche quand on en trouve une… Il paraît que c’est normal, qu’il y a toujours un moment dans un voyage au long cours où on fatigue. C’est le cas quelques jours et ca repart ensuite.

Le long de la côte et de nos différents stop dans les parcs nous découvrons nos premiers kangourous qui viennent fouiller dans nos poubelles près du van. Des marsupiaux aussi, beaucoup moins peureux tentent leur chance. Plus au sud, c’est dans Croajingolong National Park à Pointe Hicks qu’une australienne nous interpelle et nous montre du doigt à 100 mètres deux baleines. De septembre à novembre elles migrent vers le sud. Nous avons de la chance, c’est un moment magique. A Melbourne, nous laissons le van dans un parking et logeons dans une des nombreuses Backpackers. La ville est tout aussi agréable que Sydney. Notre billet est pris pour le Ferry.

En route pour la Tasmanie. Nous passons avec le Van et passerons la nuit à bord. 10 h de traversée pour débarquer à Devon Port. De là, nous traçons notre itinéraire. La Tasmanie est sauvage, préservée. La population se concentre essentiellement au nord et au sud. Les côtes sud ouest et ouest restent sauvages et isolées. A l’intérieur des terres, montagnes forêts luxuriantes de pins, d’eucalyptus de fougères géantes les mieux préservées au monde. Le climat est très changeant, tempête, soleil, neige, brouillard peuvent s’alterner dans une même journée.

Première étape; le parc naturel de Freycinet avec une des 10 plus belles plages au monde : la Wineglass Bay, parfait croissant de sable blanc, le phare de cap Tourville et son panorama magnifique. Deuxième étape le Tasman national Park, une visite du site historique de Port Arthur avec le célèbre bagne où étaient envoyés les criminels récidivistes anglais et australiens et la ville d’Hobart que nous avons beaucoup aimé. Balade dans les quartiers des maisons coloniales, déjeuner d’un fish and Chips (spécialité) sur le port.

Nous terminons le périple par le Hartz Mountains National Park. Le soir nous dormons dans les bois seuls. Aucun bruit, seul celui du silence. Ce matin, nous n’avons plus de batterie. Après avoir tenté de pousser le van - Autant demander à deux fourmis de déplacer un morceau de sucre - une voiture s‘arrête. Il y en a eu deux dans la journée. On nous propose de nous amener au village le plus proche à 30 km. Un garagiste nous prête des pinces. Ouf ! Retour à Devon Port pour reprendre le Ferry.


Après plus de vingt jours de vie à bord du van, nous ressemblons à des sauvages. Le van est une infection. Parfumé à la chaussette de rando et aux pantalons mal séchés. Au port, l’hôtesse délivrant les autorisations demande à Stéphane de lui présenter son permis de conduire international et s’y reprend à deux fois pour reconnaître la bête faisant remarquer qu’il y a du changement. On se regarde en se disant : Quand même ?! Montre ta photo ? Ah oui c’est net. Et la mienne ? Entre la photo et aujourd’hui 7 mois ce sont écoulés. On rigole alors sur la tête qu’on aura en mars prochain. Voilà un pays auquel nous ne savions pas du tout à quoi nous attendre, et voici un pays qui nous a subjugué. Des paysages sublimes, immenses, des plages de plusieurs dizaines de kilomètres, des eaux limpides, le paradis des randonneurs, des habitants accueillants, joviaux, prévenants... Si nous avions eu plus de temps, nous aurions aimé découvrir le bush et le centre du pays. Mais la Nouvelle Zélande nous attend.

lundi 16 novembre 2009

Les coups de coeur de la Thaïlande


Thaïlande : le temps de dire ouf !

Etape finale après plus de 6 mois en Asie, la Thaïlande nous accueille au nord du pays à Chiang Khong village frontière avec le Laos. Le Mékong sépare les deux pays. Nous passons la zone frontière en barque un autocollant fluo sur le bras. Finalement, le temps passé au Laos, ne nous laisse pas le temps de rejoindre le Cambodge. Nous restons en Thaïlande une dizaine de jours et partirons le 21 octobre pour l’Australie. En attendant, l’état d’esprit est au repos. Nous descendons par étapes sur Bangkok.


Direction, Chiang Mai en bus, au nord du pays, la région du triangle d’or. L’endroit est réputé pour ses paysages, ses temples et sa cuisine. C’est ici qu’est fabriqué 90% de la production artisanale du pays. Notre campement pour quelques jours se fait dans une guesthouse un peu plus confort. Un bon lit, des draps propres, une salle de bains et une TV avec TV5, chaîne francophone qui nous tient au courant de l’actualité française. A priori rien de bien révolutionnaire aux infos. On se surprend, attendris, à regarder Julien Lepers et quelques passages de Plus belle la Vie… . Ces quelques jours nous permettent de refaire les sacs, et de faire un point sur les cantines : je jette, je garde, trop lourd ; tournées de lessives, caleçons et chaussettes à repriser qui montrent les premiers ou derniers (c’est selon) signes de fatigue.

La logistique achevée nous nous inscrivons pour un cours de cuisine thaïe le temps d’une journée. Les cours d’initiation à l’art culinaire thaïe sont très en vogue. Nous choisissons de le suivre à la Thaïe farm, une ferme bio en dehors de la ville. Visite du marché, livret de cuisine pour partir avec les recettes des Nems, des bananes au lait de coco, des curry vert, rouge, jaune. La journée nous fait un bien fou. Voilà maintenant plus de 6 mois que nous n’avons pas cuisiné. Toucher les aliments, les associer, les cuisiner et les déguster est un vrai plaisir. Visite de quelques temples, balades à vélo dans la ville, virée à moto au marché aux ombrelles, siestes. Nous en profitons également pour refaire notre bibliothèque. Nous achetons ou échangeons en fonction de nos trouvailles des livres français d’occasion dans les différents pays; Chiang Mai étant un des passages phares des touristes, nous trouvons deux ou trois books shop pour refaire le plein.

Déjà cinq jours de passé, il faut songé à descendre un peu plus au sud. Direction Bangkok. Ville
trépidante voire frénétique. Nous profitons de la vie thaïlandaise avec le marché aux fleurs et d’un cours de méditation dans un monastère dispensé par un moine. Les exercices de respiration et de déplacement demandent quoi qu’on en pense concentration et bientôt le fou rire nous guette jusqu’à ce que le sérieux de la démarche et les suggestions personnalisées du moine fassent mouche. Première étape : méditation débout. Debout en marche, elle permet de préparer la méditation assise et de se concentrer sur sa jambe gauche et sa jambe droite pour avancer. Nelly perd souvent l’équilibre, le moine explique : vous voulez trop bien faire. Du coup, vous vous bloquez. Arrêtez de penser et faites le c’est tout. Et toc ! Seconde étape, méditation assise avec le Dhyana ou « attitude méditation ». Les deux mains reposent l’une sur l’autre, paumes vers le ciel, la main droite sur la main gauche. Les jambes sont pliées en tailleur, dans la position du lotus. Une épreuve pour Stéphane qui manque de souplesse. Devant ses contorsions, le moine intervient en lui disant que comme dans la vie, ce n’est pas la peine de forcer, ça n’apporte rien d’avoir mal et lui propose une position intermédiaire qui lui convient mieux. Et retoc ! Bonne expérience que nous pourrons mettre en pratique ensuite.

Le soir, nous oublions la méditation et nous immergeons dans la rue la plus festive de la ville à Khao san Road. C’est là que nous avons élu domicile. Il s’agit du quartier cosmopolite. Les enceintes sont sur les trottoirs, les concerts sur écrans géants. On s’assoit sur les terrasses pour tester les cocktails à 2 euros et le fameux All Over The World. Quelques jours à Bangkok et nous ressentons l’appel des plages thaïlandaises. Il ne nous reste que quelques jours et nous n‘avons pas envie de descendre jusque dans le sud du pays.


Nous trouvons un compromis à 2h de route de Bangkok en rejoignant l’île de Ko Samet dans le golfe du Siam. Ile très touristique mais qui garde ses plages de sable blanc, ses eaux émeraudes. Au programme : transat, baignades, et visite de l’île. Le soir, notre restaurant installe des tables sur le sable et ouvre le barbecue de la plage où on choisit son poisson, ses calamars, ses gambas.


Dans notre périple, la Thaïlande s’est prêtée au jeu du pays tampon. Celui qui termine 6 mois d’Asie par un temps calme, celui où on fait le tri entre ce qui doit être renvoyé, conservé avant de partir à la découverte d’un pays grand comme l’Europe rencontrer les descendants de véritables pionniers : l’Australie.