dimanche 11 octobre 2009

Les coups de coeur du Laos 2


Les coups de coeur du Laos


Barbapapa au Laos

Ce qu’il advint des Barbapapa de Quentin, Noëmie et Nathan (cadeau d’accompagnement offert à Nelly et Stéphane lors de la soirée festive de départ). C'est au Laos qu'ils sortent de la malle aux jouets. Nous avons trouvé une place de choix. Dans un village, ils font escale et agrémenteront le bain d'une petite fille. Nous les confions à une jeune maman. Au Laos, les jeunes filles se marient vers quatorze ans. Le cadeau ne tarde pas comme pour tous les enfants du monde à finir dans la bouche.

Laos : un vrai coup de cœur

Partir de Hué (Vietnam), passer la frontière pour remonter à l’extrême nord du Laos à deux pas de la frontière chinoise et découvrir les minorités ethniques sera le fil rouge de ce pays. La découverte du Laos se fait en itinérant en bus local au milieu des poules, des moines et des brochettes de criquets.

Nous passons la frontière Vietnamienne sans encombre. Visa en poche, les quelques centaines de mètres qui séparent les deux pays sont sidérants. Au Vietnam, profusion de marchandises et rythme à l’occidentale; au Laos, découverte des petits villages désertiques et des stands/boutiques à quatre planches. La frontière passée et un lever à 5h du matin nous ont ouvert l'appétit. Avant de prendre notre prochain bus nous déjeûnons de noodles soup et pepsi (pâtes locales avec bouillon, carottes, oignons et quelques morceaux de porc coupés devant nous à la machette et entre les mouches). Il est 9h00. Nous ingurgitons notre petit déjeûner et observons incrédules le chargement de notre bus. 10h, les poules sont dans le bus. Quant aux cartons, sacs de riz, chaises, tabourets, boîtes plastiques, café, sucre, serviettes éponges, tongs… ils sont sur le toit et entre les passagers. La marchandise vient du Vietnam et nous approvisionnons les boutiques des villages traversés. Roule, stop, roule, stop. Mal au cœur. Nous rejoignons Savannakhet en 6 heures.

Sur la route, des vélos à profusion sur lesquels les laotiens tiennent leur parapluie (plus efficace que la crème solaire, mais aussi plus risqué), les premiers moines en tenue orange faisant une course de vélo, et une nature extraordinaire. Le pays est calme et les laotiens sereins. Tout invite à ralentir son rythme, même le bus qui trottine sur les pistes de terre orange. Dans ces moments là, les yeux piquent, la tête s’alourdit et c’est parti pour une petite sieste.


A Savannakhet, au centre du pays, nous observons incrédules « l’éloge de la lenteur » en pleine rue principale : une voiture se gare lentement en deuxième file, quelques minutes plus tard la passagère ouvre lentement la portière, descend de la voiture au ralenti, pousse délicatement la portière (j'étais persuadée que la portière n’allait jamais se fermer. IL FAUT LA CLAQUER. CHEZ NOUS ON CLAQUE) et marche lentement vers une boutique. Dix minutes s’écoulent, les autres véhicules patientent, pas de klaxon, pas d’interpellation. Pause. Le temps semble s’être arrêté. Nous restons étonnés devant la situation en sirotant lentement notre jus de citron nous disant qu’en France, les choses auraient pris une toute autre tournure. Plantée au bord du Mékong, Savannakhet sans être renversante possède un certain charme. Ses maisons coloniales françaises et son église nous rappellent que la France, déjà présente en Indochine a étendu son influence au Laos. D’ailleurs pas très glorieux. A cela, nous observons les us et coutumes conservés. Vente de baguettes au coin des rues, joueurs de pétanque et boulodromes accompagnés du vocabulaire adéquate « pointe » « tire ». Nous découvrons également la profusion de temples. Chaque village en possède un. Lieu de prière, il est également l’endroit où vivent les moines. Les jeunes moines intègrent généralement le monastère pour suivre une éducation religieuse et scolaire et poursuivre ainsi leurs études dans le secondaire faute de moyens des familles. Dans la journée, il sillonnent la ville au milieu des habitants s’afférant au cybercafé ou mangeant une glace devant les échoppes. Normal, ils sont levés depuis 4h du matin.

Nous poursuivons notre route en direction de Ventiane. 10h de trajet.

Nous y restons deux jours, le temps de couper avec les 3 jours de bus qui viennent de s’écouler. Luang Prabang. Voici notre première vraie étape. Des collines verdoyantes et des monts couverts de forêt tropicale entourent la ville classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco. Il fait bon vivre. Nous déposons nos affaires pour quelques jours, sirotons un verre sur les bords du Mekong, louons des vélos et visitons la ville. Nous y découvrons un centre de sauna et massages créé par la Croix rouge . Une bonne idée pour revigorer nos articulations meurtries. Quant au sauna, il est typique. Les laotiens torse nu, les laotiennes en sarong passent leur temps à roter en buvant du thé brulant. La salle de repos est commune, quelques tabourets et une télévision diffuse en continue des match de boxe thaï, le tout dans une propreté douteuse qui n’enlève rien au charme et à l’authenticité du moment passé.

Nous partons 3 jours en trek dans la forêt tropicale à la découverte des villages et des ethnies. La chaleur est étouffante, la forêt dense, les terrains boueux et glissants. Rien de bien épanouissant après plusieurs heures de marche si ce n’est de voir les autres glisser à leur tour en se disant qu’il y a une justice et que ça ne tombe pas toujours sur les mêmes. Il faut aussi avoir l’œil sur les serpents (des cobras quand même ...) et les araignées. Le soir, nous participons à la vie des villages. Construction des maisons sur pilotis en bambous, préparation du riz, bain des enfants et surtout l’expérience de la toilette. Aucune intimité, la salle de bains étant située au centre du village. Il s’agit en fait, lorsque ce n'est pas la rivière, d’un lavoir de plein pied. Les femmes alternent toilettes et lessives aux yeux de tous. Elles portent un sarong (paréo) et font preuve d’une ingéniosité remarquable pour ne pas dévoiler leurs parties cachées. Ça rigole, ça papote. Nous observons et attendant patiemment notre tour, remarquant qu’au fur et à mesure que l’échéance approche un petit comité grandissant se forme autour de nous. Il y aura au final une vingtaine de personnes à regarder deux blancs se laver et faire l’objet de plaisanteries. Les gloussements en témoignent.




La vie de ces villages est très sommaire. Pas d’électricité. Un seul point d’eau. Quelques porcs, poules et dindons pour les protéines et quelques potagers. Un chef du village, un guérisseur et une ribambelle d’enfants en haillons grignotant, en fin d’après midi, des chenilles. Les femmes lavent, lessivent et partent aux plantations de riz situés parfois à 3 heures du village. Les hommes chassent et construisent les greniers à riz à l’aide d’un outillage primaire qui se résume à une machette et une tige en bambou pour mesurer. Le soir, nous dormons au milieu des sacs de riz sur des nattes posée à même le plancher. Mieux vaut ne pas diriger la lampe frontale au plafond, les araignées, les cafards y ont élu domicile. Au-delà de tous ces aspects matériels, nous apprécions ces moments de partages avec ces habitants à la sérénité légendaire qui savent nous faire partager leur douceur de vivre.

Nous poursuivons notre périple pour deux jours avec un ancien moine et découvrons avec lui de nouveaux villages. Le premier village fait office de cité dortoire pour les enfants de la région. Les soixante douze familles les prennent en pension pour qu'ils puissent aller à l'école. Il y a effectivement une école qui accueille 60 enfants de 6 à 10 ans. Le soir, le ciné club fait salle comble. Les villageois se réunissent chez la seule famille disposant d'un groupe électrogène capable d'alimenter la télé. Les enfants sont normalement couchés, mais les plus téméraires font le mur pour regarder au travers des planches de la maison. Régulièrement, une mère sort précipitamment du ciné-club pour courser sa progéniture et la sommer d'aller se coucher. Nous terminons ce trek par la découverte de cascades, et l’incontournable balade à dos d’éléphant. Pas très rassurant, la hauteur, la grosseur, les barissements, seul Stéphane chante à tue tête "La patrouille des éléphants, s'achemine pesamment..."




Muang sing, est un village entouré de montagnes à 10 kilomètres de la frontière chinoise.
Nous partons à nouveau 2 jours en trek à la rencontre des minorités Hmongs et Akha. La nature est brute et les modes de vie intactes. Paysages de douces collines et rizières, chemins de terre et paysans rentrant à la tombée de la nuit des champs après un dur labeur. Les villages Akha présentent une architecture différente de celles vues jusqu’ici. Leurs maisons sont en bois sur pilotis avec de longs balcons. Le plus impressionnant, la porte des esprits située à l’entrée du village. Elle ressemble aux contours d’une porte et est destinée à éloigner les mauvais esprits. Flèches, fusils, toiles d’araignées, le tout réalisé en bois et fixé sur les montants. Il ne faut pas la toucher.

Les femmes Akha sont également les plus belles. Ornées de coiffes de pièces en argent (dont certaines de la période française), leurs atours sont des plus dépaysants. Au Laos, la nature, le bouddhisme et la douceur de vivre des habitants nous offrent de prendre du recul sur notre manière de vivre occidentale. Il est impossible de résister au charme de ce pays où une étonnante mosaïque ethnique vit en parfaite harmonie. Par des pistes chaotiques nous avons choisi de découvrir ce pays en bus et bien nous en a pris. L’intégralité des paysages et le contact avec les habitants en font pour le moment l’un de nos pays visités préféré.

samedi 10 octobre 2009

Les coups de coeur du Vietnam 2


Les coups de coeur du Vietnam


Vietnam : Pousse-Pousse et marché flottant

2 septembre. Capitale du Viet Nam, Hanoï nous offre ses charmes surannés, son ambiance des années cinquante, ses mélanges d’orient et de civilisation française. Les premières impressions sont très bonnes. Ici, on découvre les vendeuses de baguettes de pains et de pâtisseries françaises, les boutiques serrées les unes sur les autres « Le petit Saïgon », « A la bonne franquette », « Chez Émile »; les cafés et leur terrasse à la française où assis sur des minis chaises on sirote le soir venu une bière bien fraîche pour faire face au 38°C ou un café sirupeux imbuvable. Agitation trépidante, nuées de scooters et de klaxons pétaradants, concours de casques (bombes, casques américains, ou encore multicolores), marchés odorants et puanteurs des étals de poissons , de viandes en plein air : nous y sommes. Voici une ville comme on aime les rencontrer, traversée par le fleuve rouge, venu des montagnes chinoises du Yunnan.

Le 4 septembre, on nous rend visite. La maman de Stéphane nous rejoint pour deux semaines. Avec elle, photos, colis et ravitaillement de France qui nous font l’effet d’un cadeau de noël. On se savonne au savon miel de Molines, on regarde les photos, on feuillette la presse française, on mange des galettes bretonnes et des caramels….


Première étape, la Baie d’Along, un des paysages les plus célèbres d’Asie. On parle même de huitième merveille du monde. Environ deux mille pains de sucre de toute forme émergent de la mer et s’étendent sur des centaines de kilomètres. L’endroit a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Nous passons trois jours à bord d’une jonque hôtel. Coque et pont en bois tropical, mats aux voiles en forme d’ailes de chauve souris. Nous sillonnons parmi les multiples îlots rocheux, visitons les grottes et prenons nos bains de mer au soleil couchant. Le moment le plus agréable, l’escale pour la nuit. Dîner à bord, la nuit est tombée, la lune se lève au milieu des îlots. Cette première étape est aussi l’occasion de tester notre premier poisson chat et d’initier Marie Odile aux baguettes.

Poursuite par la visite de Hué que nous avons rejoint en bus de nuit.
Petite nuit e
n bus couchettes, mais confortable donc appréciable. Hué est située au centre du pays à vingt kilomètres de la mer. La particularité de la ville réside dans sa citadelle inspirée de la Cité Interdite et sa rivière, la rivière des Parfums (pour les plantes médicinales qu’on y trouve) et les nombreux tombeaux royaux disséminés sur ses berges. Hué est le seul exemple de Cité Impériale du Vietnam existant encore aujourd’hui. Les bâtiments qui ont survécu à la guerre sont en cours de restauration.

La rivière des Parfums quant à elle, nous réserve une balade en bateau paisible et rythmée par l’activité de la rivière et les visites des tombeaux. Nous croisons des embarcations lourdement chargées de sable, des pêcheurs nous saluant et des petites vendeuses de chapeaux coniques, cartes postales et autres souvenirs en tout genre.



Hoi An. Voici une ville à ne par rater. Sur le plan architecturale, elle a été préservée de la guerre et nous pouvons visiter les anciennes demeures, les temples. Le centre est interdit aux motos et voitures ce qui lui donne un air de cité balnéaire dans la laquelle on se plait à flâner. Il faut le dire, après six mois de voyage, on (surtout Nelly) aime bien aussi flâner dans les rues de Hoi An, devant la multitude de tailleurs express qui exposent des robes de soirée et tenues locales de toute beauté. Un vrai plaisir pour les yeux. Le paradis de la féminité. Bref, on se laisse forcément tenter. Avec Marie Odile, nous profitons donc de ce temple de la garde robe pour essayer, choisir les étoffes et les modèles que nous ne retrouverons nul par ailleurs. Pendant ce temps, Stef nous attend en terrasse et écrit les cartes postales.

Nous profitons également du site pour louer des vélos et visiter les alentours. C’est la période des moissons pour le riz. L’ambiance est au dur labeur puisque tout ce fait de manière artisanale. Irrigation des rizières au seau, moisson à la main. Sur les routes, les agriculteurs étendent de larges bâches sur lesquelles sèchent le riz et le maïs. Enfin, au bord de la mer, nous en profitons pour tester la station horizontale sur un transat de la plage de Cua Dai, très belle adresse les pieds dans l’eau.


Quatrième étape, celle de notre arrivée fracassante à Saïgon. La ville est bruyante, frénétique et loin d’être plaisante pour le peu que nous y restons. Nous restons juste le temps de nous plonger dans l’univers de la guerre du Vietnam en allant voir son musée et les réseaux de tunnels souterrains de Ben Duoc. Plus qu’impressionnants, ces réseaux sont à déconseiller aux claustrophobes, dont nous faisons partie. La visite se fait à quatre pattes. Nelly abandonne de suite. Stef et Marie Odile plus téméraires, font quelques dizaines de mètres avant de rebrousser chemin. Il s’agit des immenses galeries souterraines et d’étroits boyaux creusés à la main par le Viêt Minh pour se réfugier pendant la guerre du Vietnam et combattre en résistant. On parle d’une énergie de fourmi contre une armée d’éléphants. Nous constatons l’ingéniosité de ces constructions mais aussi le calvaire de survie quelles ont dues engendrer. C’est une des régions les plus touchées par les bombes de défoliants, le napalm. Chaque bombardier pouvait contenir 120 bombes. Trois bombardiers au minimum par raid, jusqu’à 10 raids par jour. Côté Viet Minh, même si l’approche était artisanale, les sorts réservés étaient des plus cruels. Pièges de tiges en bambou empoisonnées sur lesquelles le soldat se retrouvait empalé, fosse à serpents…ect… Nous ne pouvons également que constater au fur et à mesure de notre avancée dans le pays, les conséquences encore actuelle des défoliants sur la population. Mutilations, malformations, les conséquences sont encore aujourd’hui désastreuses et nuisibles sur les naissances.

Cette partie du voyage terminée, nous reprenons la route pour le Delta du Mékong . C’est le pays des fruits; parmi les vergers de pamplemousses, de papayes, de caramboles…nous déambulons en bateau sur les immenses bras du Mékong et participons à l’activité trépidante du fleuve nourricier. Cargaisons de bambous, de bois, de riz, marché flottant ou toutes les embarcations de la région de retrouvent pour négocier, échanger. Sur chaque bateau, deux yeux sont dessinés. On dit qu’ils protègent et voient les monstres des eaux troubles du Mékong.




Quinze jours, pour le Vietnam, c’est court mais l’immersion se fait en quelques heures. Nous sommes au cœur de l’Asie et ce pays garde son authenticité malgré l’installation des mafias russe et chinoise qui ne se préoccupent guère de l’architecture du pays et préfèrent imposer leurs building et leurs constructions touristiques sur la côte du pays à la douceur de vivre et pittoresque des petits marchés de rues.