2 septembre. Capitale du Viet Nam, Hanoï nous offre ses charmes surannés, son ambiance des années cinquante, ses mélanges d’orient et de civilisation française. Les premières impressions sont très bonnes. Ici, on découvre les vendeuses de baguettes de pains et de pâtisseries françaises, les boutiques serrées les unes sur les autres « Le petit Saïgon », « A la bonne franquette », « Chez Émile »; les cafés et leur terrasse à la française où assis sur des minis chaises on sirote le soir venu une bière bien fraîche pour faire face au 38°C ou un café sirupeux imbuvable. Agitation trépidante, nuées de scooters et de klaxons pétaradants, concours de casques (bombes, casques américains, ou encore multicolores), marchés odorants et puanteurs des étals de poissons , de viandes en plein air : nous y sommes. Voici une ville comme on aime les rencontrer, traversée par le fleuve rouge, venu des montagnes chinoises du Yunnan.
Le 4 septembre, on nous rend visite. La maman de Stéphane nous rejoint pour deux semaines. Avec elle, photos, colis et ravitaillement de France qui nous font l’effet d’un cadeau de noël. On se savonne au savon miel de Molines, on regarde les photos, on feuillette la presse française, on mange des galettes bretonnes et des caramels….
Première étape, la Baie d’Along, un des paysages les plus célèbres d’Asie. On parle même de huitième merveille du monde. Environ deux mille pains de sucre de toute forme émergent de la mer et s’étendent sur des centaines de kilomètres. L’endroit a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Nous passons trois jours à bord d’une jonque hôtel. Coque et pont en bois tropical, mats aux voiles en forme d’ailes de chauve souris. Nous sillonnons parmi les multiples îlots rocheux, visitons les grottes et prenons nos bains de mer au soleil couchant. Le moment le plus agréable, l’escale pour la nuit. Dîner à bord, la nuit est tombée, la lune se lève au milieu des îlots. Cette première étape est aussi l’occasion de tester notre premier poisson chat et d’initier Marie Odile aux baguettes.
Poursuite par la visite de Hué que nous avons rejoint en bus de nuit.Petite nuit en bus couchettes, mais confortable donc appréciable. Hué est située au centre du pays à vingt kilomètres de la mer. La particularité de la ville réside dans sa citadelle inspirée de la Cité Interdite et sa rivière, la rivière des Parfums (pour les plantes médicinales qu’on y trouve) et les nombreux tombeaux royaux disséminés sur ses berges. Hué est le seul exemple de Cité Impériale du Vietnam existant encore aujourd’hui. Les bâtiments qui ont survécu à la guerre sont en cours de restauration.
La rivière des Parfums quant à elle, nous réserve une balade en bateau paisible et rythmée par l’activité de la rivière et les visites des tombeaux. Nous croisons des embarcations lourdement chargées de sable, des pêcheurs nous saluant et des petites vendeuses de chapeaux coniques, cartes postales et autres souvenirs en tout genre.Hoi An. Voici une ville à ne par rater. Sur le plan architecturale, elle a été préservée de la guerre et
nous pouvons visiter les anciennes demeures, les temples. Le centre est interdit aux motos et voitures ce qui lui donne un air de cité balnéaire dans la laquelle on se plait à flâner. Il faut le dire, après six mois de voyage, on (surtout Nelly) aime bien aussi flâner dans les rues de Hoi An, devant la multitude de tailleurs express qui exposent des robes de soirée et tenues locales de toute beauté. Un vrai plaisir pour les yeux. Le paradis de la féminité. Bref, on se laisse forcément tenter. Avec Marie Odile, nous profitons donc de ce temple de la garde robe pour essayer, choisir les étoffes et les modèles que nous ne retrouverons nul par ailleurs. Pendant ce temps, Stef nous attend en terrasse et écrit les cartes postales.
Nous profitons également du site pour louer des vélos et visiter les alentours. C’est la période des moissons pour le riz. L’ambiance est au dur labeur puisque tout ce fait de manière artisanale. Irrigation des rizières au seau, moisson à la main. Sur les routes, les agriculteurs étendent de larges bâches sur lesquelles sèchent le riz et le maïs. Enfin, au bord de la mer, nous en profitons pour tester la station horizontale sur un transat de la plage de Cua Dai, très belle adresse les pieds dans l’eau.
Quatrième étape, celle de notre arrivée fracassante à Saïgon. La ville est bruyante, frénétique et loin d’être plaisante pour le peu que nous y restons. Nous restons juste le temps de nous plonger dans l’univers de la guerre du Vietnam en allant voir son musée et les réseaux de tunnels souterrains de Ben Duoc. Plus qu’impressionnants, ces réseaux sont à déconseiller aux claustrophobes, dont nous faisons partie. La visite se fait à quatre pattes. Nelly abandonne de suite. Stef et Marie Odile plus téméraires, font quelques dizaines de mètres avant de rebrousser chemin. Il s’agit des immenses galeries souterraines et d’étroits boyaux creusés à la main par le Viêt Minh pour se réfugier pendant la guerre du Vietnam et combattre en résistant. On parle d’une énergie de fourmi contre une armée d’éléphants. Nous constatons l’ingéniosité de ces constructions mais aussi le calvaire de survie quelles ont dues engendrer. C’est une des régions les plus touchées par les bombes de défoliants, le napalm. Chaque bombardier pouvait contenir 120 bombes. Trois bombardiers au minimum par raid, jusqu’à 10 raids par jour. Côté Viet Minh, même si l’approche était artisanale, les sorts réservés étaient des plus cruels. Pièges de tiges en bambou empoisonnées sur lesquelles le soldat se retrouvait empalé, fosse à serpents…ect… Nous ne pouvons également que constater au fur et à mesure de notre avancée dans le pays, les conséquences encore actuelle des défoliants sur la population. Mutilations, malformations, les conséquences sont encore aujourd’hui désastreuses et nuisibles sur les naissances.
Cette partie du voyage terminée, nous reprenons la route pour le Delta du Mékong . C’est le pays des fruits; parmi les vergers de pamplemousses, de papayes, de caramboles…nous déambulons en bateau sur les immenses bras du Mékong et participons à l’activité trépidante du fleuve nourricier. Cargaisons de bambous, de bois, de riz, marché flottant ou toutes les embarcations de la région de retrouvent pour négocier, échanger. Sur chaque bateau, deux yeux sont dessinés. On dit qu’ils protègent et voient les monstres des eaux troubles du Mékong.
Quinze jours, pour le Vietnam, c’est court mais l’immersion se fait en quelques heures. Nous sommes au cœur de l’Asie et ce pays garde son authenticité malgré l’installation des mafias russe et chinoise qui ne se préoccupent guère de l’architecture du pays et préfèrent imposer leurs building et leurs constructions touristiques sur la côte du pays à la douceur de vivre et pittoresque des petits marchés de rues.
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