vendredi 26 mars 2010

Pérou : Titicaca, vallée sacrée et plages...

Ca sent la fin. Celle de 12 mois de découvertes. Mais ça sent aussi le renouveau. Celui du treizième mois qui annonce notre retour en France.
Pour terminer avec le Pérou, nous allons lentement en ayant bien conscience de ne pas voir la totalité de ce qu'on pourrait y voir. Plusieurs raisons, la saison des pluies, l'envie de se poser et de se reposer avant le retour fracassant. Il faudra revenir, c’est sûr.
Après avoir passé la frontière à Puno, nous passons au Pérou. Le lac Titicaca est superbe côté Bolivien, et nous donne envie de le découvrir encore et encore côté Péruvien. Nous partons pour 2 jours visiter les Iles du plus haut lac navigable du monde à 3810 mètres. Les îles Uros et ses constructions uniques au monde. La communauté indienne y vit sur une épaisse couche compacte de roseaux. Jusqu'à 15 mètres.




Direction l'île de Amantani où nous passerons la nuit. Nous sommes accueillis par la famille de Nicholas. 15 communautés vivent en autarcie sur cette île. Les cultures, les récoltes, les gains du tourisme sont répartis en fonction des besoins de chacun. Le soir, après avoir mangé notre soupe de quinoa, notre bol de pâtes et notre épis de maïs, Nicolas nous amène à la discothèque du village. Au programme, poncho et bonnet pour Stef, jupe et caraco pour Nelly, histoire de se fondre dans la culture inca. Soirée éprouvante. Danser à 4000 mètres d'altitude avec les poumons au bord des lèvres relève de l'exploit. Clin d'oeil : le béret de Carole, est remis bien entendu a Nicholas, au Pérou. Nous terminons par l'île de Taquile.




Bonjour Cuzco, certainement la plus belle ville que nous ayons vu en Amérique du sud. Le Machu Pichu es fermé jusqu'au 1er avril, nous partons quelques jours dans la vallée sacrée, visiter les marchés locaux, les vestiges incas.





A Lima, notre hôtel accueille deux perroquets et une tortue, qui prennent le petit déjeuner avec nous. Nous retrouvons Pierre et Isabelle avec qui nous avons fait un bout de chemin.




Dernière étape du voyage. La pause soleil, doigts de pieds en éventail. On ressort les maillots de bains et les paréos pour Mancora, petite station balnéaire au bord du pacifique. Nous y coulons actuellement des jours heureux et préparons notre retour. Fin de l'aventure.




lundi 22 mars 2010

La paz : ça monte et ça descend

Pendant que Nelly luttait bravement et de front contre une alliance bolivienne salmonellose-amibe, Stéphane partait gambader et donner de la pédale dans les alentours de La Paz. Forcément, toutes ces montagnes ça démange. Problème, c’est la saison des pluies donc clairement pas la bonne saison pour les ascensions. Le seul sommet qui semble raisonnable actuellement, d’après un guide français installé à La Paz, est le Huayna Potosi, 6088 mètres.

Ok, c’est parti. 1 journée de pratique sur glacier + 2 jours d’ascension-descente = 3 jours entre pluie et neige. Pas top pour les photos, mais vrai, ça a l’air chouette ! Ascension compliquée par la neige fraiche, parfois jusqu’au genoux. Plus dur que prévu physiquement, on ne sera que 2 sur les 5 du départ à atteindre le sommet. La météo n’aura pas tout gâché, joie du sommet et puis de toute façon, « Stéphane en montagne il est content quel que soit le temps » ! I will be back !





Autre balade, mais ça descend maintenant. La Route de la Mort, tout le monde connaît et tout le monde la fait parce que c‘est chouette. Oui mais voilà, grâce à un plan « routard » (merci François pour le tuyau et bon vent pour la fin de ton tour) j’ai trouvé mieux que la « death road yes you survived it ! » : chemin alternatif à la route de la mort, que du sentier voire pas de sentier du tout, un gros départ free ride, pas un chat, que nous, paysages somptueux et vertigineux, traversée de villages isolés, de la descente pure.

En route avec Christian mon guide germano-bolivien pour un programme qui paraît fou : 90 kms que de descente (aller je suis honnête il y a un gros faux plat de 500 mètres vers la fin) pour 3800 mètres de dénivelé au total, départ à 4850 mètres, plus haut que le Mont Blanc, ici c’est fréquent mais ça me fait toujours sourire, remontée avec le tire-fesse local (stop en camion), et redescente jusque dans le centre de La Paz en vélo. Content Stéphane ! A block ! Génial. Sauf le temps encore une fois mais je le savais, c’est pas la saison. J’aurais prévenu : I will be back.




samedi 20 mars 2010

La Bolivie à 6000 mètres d'altitude

Toujours étonnant de passer une frontière... Nous laissons une Argentine européanisée et nous découvrons, une fois le portique bolivien franchit, une armée de chapeaux melon, de grandes tresses noires, de jupes à volants et de tissus bariolés noués sur les épaules pour porter bébé. C’est sûr, nous sommes en Bolivie. Ce soir, on s’affaire, c’est carnaval à Villazon, ville frontière. Il faut jouer des coudes pour manger dans une cantine un quart de poulet et des frites pas cuites pour 1€

On ne reste pas Villazon. Nous réservons notre première étape en train pour Toupiza. 8h de train (ca change du bus) à regarder défiler les paysages tantôt désertiques tantôt de vallée fertile; à traverser les villages ou le grand jeu des enfants est d’attendre le passage du train pour balancer des bombes à eaux aux passagers qui auraient oublié de remonter leur vitre. On ne se fait avoir qu’une fois bien évidement et ça fait tellement rire tout le monde…
A Toupiza, Re-carnaval. Décidemment, ça nous poursuit. Nous voici au milieu des costumes et des fanfares. L’alcool de maïs distillé à 90°C tourne de groupe en groupe dans des jerricans de 5 litres.


Le lendemain, nous partons pour la visite du sud Lipez et du Salar d’Uyuni. Cinq jours en jeep avec notre guide et chauffeur Florian et sa copilote et cuisinière : la célèbre Rose Marie, notre Maïté locale, la reine du steack de Lama. Nous sommes cinq au total avec Ruth et Armoult, deux néerlandais et Natacha, israëlienne.



Sur notre itinéraire, un volcan, le Licancabur dont nous ferons l’ascension. C’est notre premier 6000 mètres. Heureusement pour nous, voici un mois que nous vivons à 3000 mètres, l’acclimatation à l’altitude est donc faite. La veille, nous repérons l’ascension. Pff, va falloir un bon mental. Le volcan forme un cône presque parfait. Nous dormons à 4200 mètres et testons les feuilles de coca à mettre sur la gencive contre le mal d’altitude. Plutôt écoeurant… nous crachons de suite. Petite nuit, avec un peu appréhension pour un départ à 3h 30 du matin et 6 heures de lente montée. C’est le secret de toute ascension, avancer doucement en s’arrêtant un minimum. Nous démarrons avec la lampe frontale sous un ciel d’étoiles, assistons au lever du soleil. Une mer de nuages recouvre la vallée. Le soleil est au zénith, nous achevons notre grimpette essoufflés avec quelques nausées mais euphoriques (le manque d‘oxygène). La vue est magnifique sur la laguna blanca et la laguna verde. Retour au refuge à 14h00 pour un
déjeuner en fanfare bien mérité.




Florian fait sillonner la jeep au milieu du désert de Dali, des lagunes colorada, des geysers….des centaines de flamants roses vivent leur vie au milieu des lagunes et notre chère Rose Marie n’arrête pas de boulotter des chips et des gâteaux côté passager. Elle est marrante, elle enfourne 10 gâteaux et nous en offre un chacun en gloussant comme une dinde.







Le soir, nous nous arrêtons dans des refuges sommaires à plus de 4000 mètres. Ces cinq jours nous offrent les plus beaux paysages des Andes et nous terminons majestueusement par le Salar d’Uyuni d'une planéité parfaite sur 12 500 m2, de quoi se régaler pour des photos à effet d'optique. Le salar d’Uyuni, plus grand désert de sel du monde pourrait être menacé. La raison ? Il abrite sous sa surface l'une des plus importantes réserves de lithium au monde. Conscient des potentialités d'une telle ressource, le gouvernement bolivien fait actuellement construire usine-pilote en périphérie du salar. Dès 2010, près de huit tonnes de lithium par mois devraient sortir de cette usine. Qu'adviendra-t-il du salar ? La région est en théorie protégée mais le gouvernement d'Evo Morales a affiché son intention de profiter des richesses minières de la Bolivie, qui possède la moitié des réserves mondiales de lithium, devant le Chili, l’Argentine, la Chine et le Brésil.





Nous terminons ce premier tour à Uyuni. Nous y retrouvons Gilles croisé en Argentine qui nous donne quelques tuyaux pour le Pérou et nous poursuivons la visite de la ville avec Ruth et Armoult. On ne s’attarde pas à Uyuni parce que la ville est rude comme ses habitants. Habitués à vivre à moins 30°C, la complaisance n‘est pas leur première qualité. Direction Potosi, cité coloniale à 4000 mètres d’altitude. Une très belle ville, dont nous ne verrons rien du tout ou presque puisque le match sera très serré entre allers retours lit-toilettes, lit-toilettes. La cuisine de cette chère Rose Marie… Stéphane s’en tire avec une bonne gastro qu’en à Nelly, rendez-vous à l’hôpital de Sucre pour perfusion et analyse de sang. Résultat : une bonne petite salmonellose. La Bolivie est le plus pauvre pays d’Amérique du sud. Nous ne sommes pas habitués à leurs conditions d'hygiène et la salmonellose est très répandue. Eviter de manger les crudités, la salade, les fruits non pelés. Nous pensions être moins sensibles depuis notre départ…


Direction La Paz, convalescence pour Nelly. 9 jours dans cette ville. A première vue, La Paz ce sont les embouteillages, le klaxon, la foule, mais c’est aussi une ville attachante où on se sent bien. Le marché aux sorcières nous impressionne. On peut y acheter des fœtus de lamas, enterrés sous les fondations de chaque maison pour les protéger. On nous propose d’en acquérir, mais on se doute de la mine des douaniers à Orly….et puis c’est quand même un peu glauque, il faut bien le dire. Stef en profite pour faire son deuxième 6000. Le Huayna Potosi , point culminant de la cordillère royale à 6088 mètres. et la route de la mort à vélo.





Après La Paz, direction le Lac Titicaca. On s’attend à un petit lac très touristique et on se retrouve deux jours sur l’Ile del Sol devant un lac immense et paisible à manger des steaks de Lama, de la truite du lac et la fameuse soupe de maïs au Quinoa. Un vrai petit paradis qui vit au rythme du soleil et des vestiges incas.




Nous savions que le mois de février n’était pas le plus propice pour découvrir la Bolivie. C’est en effet la saison des pluies. Pourtant, rien n’enlève le charme du folklore bolivien et des paysages à couper le souffle.