samedi 15 août 2009

SUR LES TRACES DE CHINGGIS KHAAN

Mercredi 30 juin. Nous partons de Pekin pour la frontière en bus de nuit couchettes jusqu’à 4 h du matin. A la ville frontière chinoise, le système est bien rodé. Des taxis attendent pour nous déposer dans le centre. Nous dormons quelques heures supplémentaires dans un dortoir. Nous savons que le passage se fait facilement en Jeep russe. A 9 h, le lendemain, une vieille Jeep brinquebalante nous attend. Elle déborde de sacs, de cartons, de vivres et cahote tant bien que mal en direction de la frontière. A nous les steppes, à nous les yourtes ! Nous passons la frontière avec l’aide de mongols, précieux sésames pour les formalités à remplir et notre première approche du cyrillique. Côté mongol, c’est la désolation. On ne peut que constater le résultat de l’occupation russe pendant toutes ces années. Des blocs décharnés, des cités laissées à l’abandon construites à la va vite sans souci d’unité. Nous prenons nos billets de train pour Ulan Bataar (UB) la capitale et utilisons nos premiers Trogrög, monnaie mongole.


Bogie, jeune femme mongole de 23 ans à la recherche de touristes pour sa guesthouse à UB nous propose ses services. Elle vit à UB pour ses études à l’Université et sous-loue son appartement pendant la saison touristique et déploie une énergie phénoménale en petits boulots. Ici, nous confie-t-elle, beaucoup de médecins, d’intellectuels ont abandonné leur profession au profit de « jobs » plus lucratifs au marché noir. Le statut n’est rien
.


Culture réprimée par le communisme pendant plus de 70 ans, le pays s’oxygène et se réorganise depuis 1990 période de retrait des troupes russes après l’effondrement du bloc soviétique. Bien évidemment, elles ont également coupé les apports financiers qui avaient jusque là porté l’économie locale à bout de bras. Le pays s’est alors engagé dans une réforme politique et économique progressive avec le parti communiste local. Certains ont sans doute mieux tiré leur épingle dans ce nouveau jeu capitaliste, en témoigne lincroyable concentration de 4x4 Hummer à UB ...UB est absolument sans charme, il s’en dégage une atmosphère daggressivité, une ville far-west moderne ... Gare à vos abattis quand vous traversez la rue. Mais comme nous a dit une francaise rencontrée là-bas, UB représente quand même un tiers de la population mongole, donc si lon sintéresse au pays, il faut sintéresser à UB. Cela parait irréfutable.



Premier choc. Notre culture occidentale et notre éducation en prennent un coup lors de nos rencontres et échanges avec les nomades. Ils paraissent systématiquement vingt ans de plus que leur âge, usés par le travail et par une vie des plus rudes. L’espérance de vie est en moyenne de 65 ans.
Pendant toute la durée de notre séjour en Mongolie, nous découvrirons dans ce pays complexe et au devenir incertain une jeune génération battante, en lutte pour un devenir
meilleur. Après des années d’interdiction, le peuple mongole renoue egalement avec ses croyances. La religion du boudhisme mais aussi les pratiques animistes et chamaniques.

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